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28.08.2011

CINEY ACCUEILLE LE TOUR CYCLISTE DE LA PROVINCE DE NAMUR

paysage.jpgChers téléspectateurs, bonjour et bienvenue Ciney, Capitale du Condroz, la première des cinq étapes du Tour cycliste de la Province de Namur.  Comme vous pouvez le constater sur les images de votre téléviseur et prises en direct par l’hélicoptère, la ville est entourée de l’écrin de verdure typique du Condroz : terrains agricoles, prairies, courtes zones boisées.  Je vous rappelle que Ciney est connu et reconnu pour son école d’agriculture à l’origine de la sélection bovine « Blanc – Bleu – Belge ». 

L’arrivée des coureurs devrait avoir lieu dans l’heure, ici devant la gare de Ciney où est rassemblée une foule de spectateurs de tous âges et venus de toute la Wallonie.  Comme nous venons de prendre l’antenne, je vous rappelle les moments les plus importants de la course partie de Namur ce matin sous un ciel orageux.

La première attaque de la journée s’est produite au kilomètre 20.  Prenant comme point de repère un panneau touristique signalant la Route de la Guerre de la Vache(1), un coureur de l’équipe Losso s’est échappé prenant jusqu’à cinq minutes d’avance sur le peloton. 

expo.jpgDevant le hall d’exposition de Ciney Expo, c’est une chute qui a ensuite ralentit la course obligeant près d’une vingtaine de coureurs à faire appel à leurs voitures d’assistance technique.  Pas de blessures graves mais beaucoup de contusions et quelques vélos mal en point.  Sur ces images enregistrées, vous pouvez constater le désordre causé par cet indident devant ce grand hall modulable de 6732 m², où s’organisent de grandes manifestations de foule, des événements culturels ou sportifs, des festivals, des foires, salons, des activités à caractère professionnel. Vous connaissez certainement la grande foire aux puces et antiquités organisée chaque année ou les salons Ciney Militaria, Parallèle, Décojardin ou encore Rétromoteur.

collégiale.jpgTroisième temps fort, le premier passage dans le centre de la ville quand, à l’entrée de la place Monseu, cinq coureurs se détachèrent du peloton pour ressortir de la ville avec cinq cents mètres d’avance. L’on aurait dit que ce petit groupe voulait s’échapper le plus vite possible de cette place tristement célèbre depuis la tempête de juillet 2010. Rappelez-vous qu’il y a un an les marronniers centenaires encadrant la place furent abîmés, arrachés, cassés ou couchés par les vents violents et que le toit de la Collégiale Saint-Nicolas s’affaissa au sol. Le spectacle du bâtiment religieux éventré par la mini-tornade était d’autant plus désolant qu’il avait traversé les siècles sans trop de dégâts. La légende dit que saint Materne, appelé par le Seigneur du lieu, vint à Ciney et ressuscita cinq enfants qui s'étaient noyés dans les marais du bas de la ville.  Après ce miracle, il convertit le peuple cinacien et bâtit une église en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Marie. 

Nous reprenons le cours de la course en direct alors que les échappés viennent d’être rejoints par le peloton près du Marché aux Bestiaux, le plus important de Belgique voir d’Europe.   Ciney occupe d’ailleurs une place importante dans le domaine de l'agroalimentaire et voit passé près de quatre milles bêtes par semaine sur ledit Marché aux Bestiaux. Une école provinciale forme près de cinq mille élèves aux durs métiers agricoles.

kiosque.jpgMais voici que l’équipe Parador prend la tête de la course, six coureurs forçant l’allure et provoquant la cassure du peloton en trois groupes distincts.  En file indienne, ils augmentent le rythme, rasant les barrières Nadar, suivant de près les motards de la télévision et du service de sécurité. Vous les voyez maintenant revenir vers la place Monseu et passer devant le kiosque centenaire considéré comme l'un des plus beaux kiosques de Wallonie.  Construction légère, octogonale, ouverte de tous les côtés et close par un garde-corps en fer forgé. La musique fait partie de l’histoire de la ville et de son actualité : non seulement, le Château Saint-Roch, construit en 1900 dans un parc de douze hectares, abrite le Conservatoire de musique et la Maison des Jeunes, mais il arrive également que des groupes rock célèbres viennent y répéter leur spectacle ou préparer leur album, tel le groupe Simple Minds en 2010.

lavenir.jpgSix coureurs dont le champion de Belgique junior s’engagent à présent dans l’artère commerciale, passant sous la flamme rouge indiquant le dernière kilomètre.  Le sprint s’engage mené par le jeune champion qui s’envole vers le bas de la ville, vers la gare. Encore quelques mètres à tenir et il pourra fêter sa septième victoire de l’année.  Régional de l’étape, il recueillera certainement tout l’enthousiasme des cinaciens venus l’applaudir en ce jour pluvieux.  A l’arrière, trois coureurs reprennent du terrain mais le champion tient bon et le voici enfin passant la ligne d’arrivée sous les applaudissement de la foule, les bras en l’air, le torse bombé et le sourire large aux lèvres.  Magnifique victoire pour ce jeune sportif prometteur dans une course qui met à chaque fois en évidence de futurs pros.  

Cette première étape nous promet un Tour de la Province de Namur intéressant.  Gageons que chaque jour sera aussi palpitant qu’aujourd’hui et qu’après tous ces efforts, coureurs, soigneurs, équipes, journalistes, spectateurs et habitants puissent à chaque fois profiter des produits du terroir locaux comme la bière de Ciney, connue et appréciée de toute l’Europe !

Je rends l’antenne et vous donne rendez-vous demain, même heure, pour une deuxième étape namuroise.

 

 

(1)  voir post du 14 mars 2010….

 

Info : http://www.ciney.be

 

Photos extraites de :

www.lavenir.be

http://www.valleesdessaveurs.be

29.07.2011

SOUVENIRS D’ENFANCE DANS LA VALLEE DE LA MOLIGNEE

Quand je pense à mon enfance, des images de la Vallée de la Molignée me viennent à chaque fois à l’esprit.  Des images de week-ends, de vacances, de villégiature en famille.

sport-nautique.jpgUne fois par mois, mes parents et moi quittions la banlieue bruxelloise pour rejoindre Bioul, un petit village à quelques 30 kilomètres de Namur.  A l’époque, l’autoroute E 411 n’existait pas encore ; nous empruntions la Nationale 4 qui nous obligeait à traverser Namur et nous guidait vers les rives de la Meuse que nous suivions jusqu’à Annevoie.  J’adorais longer le fleuve et regarder les berges arborées d’arbres, de pelouses, de villas mosanes, de canards et autres volatiles.  A l’entrée de Namur, quand le trafic le lui permettait, mon père accélérait la voiture au niveau d’un pont passant au-dessus du chemin de fer.  Ainsi le véhicule faisait un petit bond en l’air nous donnant la sensation d’une mini montage russe.  Aux environs de Profondeville, mon père ralentissait la voiture pour me permettre d’apercevoir une maison très spéciale, qui existe encore aujourd’hui, construite en forme de bateau avec la statue de son capitaine sur le pont.  Quand mon père choisissait d’emprunter la rive droite de la Meuse, il nous fallait passer le pont à Yvoir.  A chaque fois, il me disait de lever les pieds pour ne pas qu’ils soient mouillés.  J’aimais lui obéir bien que je savais le pont trop haut pour que mes pieds puissent toucher l’eau. 

A Bioul, nous retrouvions ma grand-mère paternelle.  Elle y vivait seule depuis des années mais un week-end par mois, elle avait notre visite et quinze jours après, celle de ma tante.  Chaque été elle m’accueillait avec mes cousines pour les grandes vacances.  Gamines, pendant des années, nous avons arpenté les rues, les places, les champs, les forêts environnant le village, nous prenant, tour à tour, pour de grandes randonneuses, des chercheuses d’or, des pirates, des détectives…

Et lors de chaque week-end, ma grand-mère nous emmenait systématiquement dans la Vallée de la Molignée. 

lacet 04_0447.JPGCe pouvait être simplement pour se promener en voiture : on roulait le long de la petite rivière tortueuse mais très romantique, fenêtres ouvertes pour sentir les effluves des sous-bois ou les relents de vase ou de pierres mouillées, balancés par les lacets sinueux et étroits de la route, dépassés parfois par des  motards en longue file indienne.  Je guettais l’arrivée au pied du Château de Montaigle à Falaën. 

 

MONTAIGLE1.JPG

Depuis la route, ses ruines se découvraient au travers des arbres, majestueuses, énigmatiques, ancestrales.  Ma grand-mère se faisait un plaisir de me raconter la légende de Midone de Bioul.  « Au Moyen Age, Midone, fille du seigneur de Bioul, tomba amoureuse de Gilles, fils du comte de Montaigle au grand dam de leurs parents respectifs ennemis. Chassée par son père, Midone se réfugia au château de Montaigle et épousa Gilles provoquant ainsi la guerre entre les deux familles.  Au cours des combats, Midone fut transpercée par l’arme de son père et piétinée par son cheval.  Inconsolable, Gilles partit pour la Terre Sainte où il tomba sous les coups des infidèles. Depuis, l'ombre de Midone éplorée erre seule la nuit parmi les ruines du château, vêtue de sa robe blanche d'épousée, cherchant partout Gilles. Elle va ainsi toute la nuit jusqu'au moment où la lune s'éteint dans la blancheur de l'aube.  Une fois tous les dix ans, le jour de la Toussaint, au premier coup de minuit, un cri strident et prolongé s'élève des ruines de Montaigle: "Gilles!" qui transperce les ténèbres et fait passer dans le coeur des enfants réveillés un frisson de terreur. ». 

arbres 104_0448.JPGLes yeux remplis des images légendaires, nous nous dirigions ensuite vers Dinant où nous allions déguster une glace sur l’une ou l’autre des terrasses au bord de la Meuse.  Dinant, à cette époque, était LA destination touristique de Wallonie.  Tous les magasins étaient ouverts, les rues bondées de touristes flamands, wallons, français, les bateaux-mouches effectuaient des va-et-vient incessants sur les vagues du fleuve, le téléphérique, quant à lui, emmenait des centaines de personnes vers le sommet de la Citadelle.

 

 

couques_2.jpgA d’autres moments, c’était pour rejoindre des restaurants en bordure de rivière où nous allions déguster des escargots, des truites saumonées ou non, des cuisses de grenouilles, des glaces artisanales, des bières locales.  Et, à nouveau, nous finissions la journée à Dinant pour y acheter des Couques de Rins ou de Dinant.  Les motifs dessinés sur ces biscuits étant nombreux, nous mettions un point d’honneur à choisir un motif différent des précédents achats.  Aujourd’hui encore j’aime casser ces biscuits très durs et a en sucé les petits morceaux pendant des heures comme on suce des bonbons.

 

café italiens59906.jpgSouvent, c’était pour aller boire un verre ou deux à la Baraque verte ou encore appelée la Cabane des Italiens.  Je m’en souviens comme d’une minuscule baraque en planches peintes en vert.  Un  rez-de-chaussée d’une seule pièce pour le café avant une cuisine attenante ; un étage pour l’habitation privée.  Les toilettes étaient dehors, à l’arrière.  Une petite terrasse en herbe à un mètre à peine de la route, avec un minuscule espace de jeux pour enfants, balançoire, toboggan.  C’était un endroit tout simple, sans chichis, d’une convivialité incroyable.  Amis, familles, touristes y venaient régulièrement, comme en pèlerinage.  La restauration était élémentaire mais délicieuse, faite par des propriétaires accueillants et  amitieux.  La Baraque existe encore aujourd’hui, un peu plus grande, toujours aussi accueillante, elle porte le nom de Café des Italiens, sa publicité est faite sur le site de la carte.be.

maredsous239_01.jpgL’été quand il faisait beau, nous prenions la direction de l’Abbaye de Maredsous fondée vers 1872, de style architectural néo-gothique, habitée par des moines bénédictins. Nous nous promenions sur le site de l’Abbaye, sous ses arbres, dans l’abbatiale, dans la boutique souvenirs, dans le Centre artistique Grégoire Fournier où des expositions thématiques y étaient présentées chaque année.  Je me souviens, notamment, d’une gigantesque exposition de papillons aux dimensions et aux couleurs les plus diverses.  Quand nous avions assez marché, nous nous arrêtions évidemment à la cafétéria pour y acheter des tartines de pain gris chargées de tranches de fromage et accompagnées de coca-cola pour moi et de bière dans une chope en terre pour mes parents.  Savez-vous que la gamme des bières de Maredsous n’a jamais été produite à l'Abbaye même. Si c'est bien un moine bénédictin, le père Attout, qui en élabora la recette en 1940, c’est à présent la brasserie Duvel Moortgat qui brasse la bière à façon pour la SA Fromagerie et Brasserie de Maredsous.  Nous mangions sous les arbres, sur une terrasse en terre battue, entourés de dizaines de guêpes attirées et affolées par toutes ces bonnes nourritures.  De nos jours, le site s’est modernisé : la cafétéria et la boutique ont été déplacées dans l’ancien Centre Grégoire Fournier, à l’écart de l’abbaye et de ses moines.  Des visites s’y organisent mais sur demande car ce n’est pas à proprement parlé une attraction touristique conventionnelle.  Des événements y prennent place : marchés de terroir ou de Noël.  Comme depuis mon enfance, le site est accessible toute l’année.

Quand mes enfants sont nés, mon mari et moi les avons emmenés dans cette charmante vallée ombragée.  Au fil des années, la nature a quelque peu modifié les différents sites et l’aspect de la rivière mais globalement la vallée a été préservée.  Je n’ai bien entendu plus retrouvé l’ambiance de mon enfance et mes enfants n’ont pas perçu les mêmes émotions que moi et cela est bien normal, le monde et les gens changent.  J’ai néanmoins toujours beaucoup de plaisir à y retourner, accompagnée par une douce nostalgie.

 

Plus d'info sur la Vallée de la Molignée : http://www.meusemolignee.be

 

Photos extraites de :

www.meusemolignee.be

Abbaye de Maredsous : www.maredesous.be

Couques de Dinant : www.couquededinant.com

Café des Italiens : www.lacarte.be

Ruines de Montaigle, Meuse : www.paysdesvallees.be

07.07.2011

DE RETOUR DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE

LES ARDENNES GALICIENNES

Vous connaissez sans doute déjà les « Ardennes flamandes » (entre l’Escaut et la Dendre), les « Ardennes brabançonnes » (au cœur du Brabant wallon), les « Ardennes françaises » (le département)… voici les Ardennes galiciennes dans le nord de l’Espagne.

Non, ce n’est pas un nom officiel mais le titre que j’ai personnellement donné à cette région du nord-ouest du territoire espagnol après avoir marché sur les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en juin dernier.

 

05062011068.jpgCar si j’ai découvert une région inconnue pour moi, je n’ai nullement été dépaysée.  J’ai eu l’impression de me retrouver en Wallonie : paysages vallonnés, forêts, prairies parsemées de nombreuses vaches, chemins et routes campagnardes, petites villes à taille humaine, maisons aux pierres grises et brunes. 

 

 

 

Bien sûr, certaines caractéristiques me disaient clairement que j’étais bien en Espagne.  

06062011104.jpgDes paysages vallonnés, oui, mais plus hauts que chez nous. J’ai grimpé quelques importants dénivelés, de 10 à 20 %  en moins de  200  mètres.  Autant vous dire que j’ai dû m’arrêter plusieurs fois pour reprendre haleine.  Et je ne vous parle pas de la couleur de mon visage, pourpre, tomaté.  Monter, à force, on s’y habitue, on se conditionne à l’avance, on régule ses pas et on s’appuie sur le bâton du pèlerin.  Par contre, descendre de ces hauteurs, ça je ne m’y suis pas habituée, les mollets souffrent, les genoux se tassent, tout le corps de tend vers l’arrière et cela fait mal, très mal.

Des vues sous la brume, des nuages bas, des ambiances de forêts ardennaises mouillées.

08062011181.jpgDes forêts, oui, mais arborées d’eucalyptus, arbres majestueux au longs et fins troncs tendus vers le ciel et qui se dégagent de leurs écorces comme de simples oripeaux de mendiants. J’ai déambulé au cœur de forêts calmes, sereines, à peine animées de chants d’oiseaux.  J’ai ainsi retrouvé une émotion que j’avais ressentie en visitant Olympie, en Grèce, lors de mon voyage de rétho.

 

06062011102.jpgDes chemins et routes campagnardes, oui, mais ponctués par les touches de couleur des hortensias bleus, roses, blancs tranchant sur le vert éclatant de leurs feuillages ; bordés d’arbres fruitiers,  figuiers, cerisiers, pommiers, dont les fruits sont à portée de main des pèlerins comme si ils avaient été plantés là expressément pour les vaillants randonneurs des chemins de Saint-Jacques.

 

07062011154.jpgDes maisons en pierres, oui, mais dont l’architecture date encore de l’époque celtique, constructions basses, ployant sous le poids des toits aux tuiles épaisses, aux portes courtes, aux fenêtres petites et calfeutrées derrière de lourds volets.  Et des habitants plutôt âgés, aux dos courbés, de petites tailles.  Beaucoup de  bergers et de fermiers dont les troupeaux de vaches utilisaient les mêmes chemins que les pèlerins.

 

06062011125.jpgDans cette Ardenne galicienne, j’ai marché plus de 100 kms en 5 jours, selon mon allure propre, sur des chemins empierrés, des portions de routes asphaltées, des tracés en gravier, de l’herbe… sans avoir besoin de guides ou de roadbooks car le balisage est omniprésent : flèches jaunes sur les panneaux routiers, les murs des maisons ou sur le macadam, coquilles au sol, pierres rassemblées en flèches directionnelles, panneaux bleus avec le sigle de l’itinéraire culturel européen. 

Les tronçons espagnols des Chemins de Saint-Jacques sont très bien organisés.  Outre le fléchage, le réseau des « albergues » (auberges) est remarquable.  La literie est saine (oubliées les punaises dont parlent certains articles de journalistes ou de pèlerins) et confortable, on peut pleinement s’y repose après une journée d’efforts et reprendre force.  Les chambres sont diverses, individuelles, dortoir, hôtel avec, partout, le respect du repos et du sommeil de chacun. Les hôtes proposent divers services : cuisine libre, cafétéria, machine à laver, réservation d’auberge à l’étape suivante, prise en charge des bagages par des taxis jusqu’au prochain arrêt.

Moins plaisant, la barrière de la langue.  Très peu d’espagnols pratiquent le français ou l’anglais ce qui freine beaucoup le dialogue.  Ils ne sont cependant pas inhospitaliers : saluts, sourires, encouragements, clins d’œil sont monnaie courante.  Ils semblent quand même un peu blasés de voir autant de pèlerins passer devant leurs maisons, regarder dans leurs jardins, photographier leurs paysages mais ils restent polis, ouverts, conciliants.  Certains pèlerins de notre organisation marchant en France n’ont pas eu la même chance : ils ont vu des habitants se cacher derrière leurs fenêtres et des conducteurs ne pas oser baisser leur vitre pour répondre à une interpellation.

08062011197.jpgJ’ai regretté de ne pas pouvoir m’arrêter plus souvent pour visiter les sites patrimoniaux, nombreux sur le tracé : chapelles, églises, potales, lavoirs, musées… dédiés ou non à Saint Jacques.  Une occasion pour moi d’y retourner à nouveau.  Heureusement, la littérature sur les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle est abondante : ouvrages historiques, guides touristiques, livres d’art, photos… dans les bibliothèques ou sur Internet.

 

07062011156.jpgQuant à la gastronomie, alors là, je me suis régalée : poissons à la « plancha », paëlla, calamars, poulet grillé, … et vins frais.  Quant à la "cerbessa", la bière, elle est toujours rafraichissante et servie dans de grandes cruches bien vite vidées.

Sur les chemins, on ne peut mourir de faim : restaurants, tables d’hôtes, cafés, aires de pique-nique, magasins ouvert jusqu’à 21 heures… il y en a pour tous les budgets.

10062011237.jpgNous avons également marché sur les traces de people dont celles des acteurs du film "Saint-Jacques La Mecque".  Devant le monument érigé en l'honneur du Page Jean-Paul II, les images du jeune maghrébin perché à son sommet nous sont revenues.  Quelques kilomètres avant l'arrivée dans la ville de Santiago, les images criardes des hollandais arrivant à l'auberge de jeunesse ont assiégé nos oreilles.

 

 

Marcher sur les Chemins de Saint-Jacques n’ont pas changé ma vie. Ma motivation de départ n’était ni mystique, ni ne reposait sur un besoin de faire le point sur mon psychisme ou sur ma manière de vivre.  Je ne suis pas partie pour expier un péché, ou chercher une compensation à un manque.  Mais simplement par défi de marcher autant alors que je ne suis pas (ou plus) sportive et parce que je partais en groupe.  Et je n’ai rien regretté : j’ai marché sans flancher au sein d’un groupe qui était soudé et où les uns et les autres, à tour de rôle, attendaient les retardataires, pratiquaient l’humour, partageaient les tâches, encourageaient les plus faibles.  Une belle expérience humaine même avec des inconnus, les pèlerins qui se croisent en se lançant des « buen camino » (bon chemin, bonne route) sympathiques et universels. 


10062011269.jpgBeaucoup de pèlerins de notre groupe ont marqué leur volonté de participer à une prochaine expérience.  Que Saint Jacques les entende ! Certains ont même décidé de repartir quelques semaines plus tard pour prolonger le tronçon qu'ils avaient emprunté.  D'autres envisagent d'y retourner en enfourchant leurs bicyclettes. D'autres encore se sont  promis de se revoir pour des balades en province de Namur... la boucle est bouclée !

 

 

 

Mais en attendant, on peut encore partager l’expérience sur le blog www.namur-stjacques.eu